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Recherches Décor + Colorscript - Wooly Memory

Mel, une jeune femme, perd sa mère. Son deuil donne naissance à une créature constituée de laine et affaires de la défunte. Une relation faite de souvenirs d’antan rythme désormais le quotidien de Mel. Elle ne sort plus, ne vit plus, mais se complaît dans le souvenir, jusqu’au jour où le deuil lui paraît étouffant, envahissant, la créature changeant de visage et de comportement. Elle décide alors de s’en échapper, réalisant tout le mal que lui faisait l’enfermement dans le passé.

NOTE D’INTENTION :
Le but de ce court-métrage serait de témoigner généralement de l'enfermement dans lequel se trouvent et se complaisent de nombreuses personnes, qu’importe la raison. Cet enfermement illusoire et ce combat perpétuel qui les éloigne chaque jour un peu plus du réel et du monde extérieur. J’ai fait le choix de me centrer sur le deuil, afin d’éclaircir l’histoire et de la rendre, ainsi, plus compréhensive.
Néanmoins, ce court-métrage pourrait faire échos, si l’on le pense plus globalement, à une rupture, à des relations toxiques, etc.
Le thème secondaire est donc de savoir tourner la page au sens large du terme, qu'il s'agisse d'un deuil, d'une relation qui a pris fin ou encore d'un moment de notre vie appartenant désormais au passé, quand bien même la situation actuelle ne nous semble pas désagréable voire plus que confortable. Et c'est, par ailleurs, la raison pour laquelle j'ai choisi de faire tourner la Direction Artistique autour de matériaux doux, afin de contraster avec la dureté du thème abordé, mais aussi avec la dureté de ce qui va venir se refermer sur le personnage, rappelant malgré tout le côté maternel de par la laine et les innombrables tissus.
Même chose pour le vert, la couleur qui prédominera dans l'histoire. Le vert choisi, le vert malachite, étant une couleur ambivalente oscillant entre la douceur, la renaissance et un côté plus toxique. Nous ne parvenons donc pas à nous positionner quant aux intentions que ce vert, la créature notamment, a envers le personnage. Est-il nuisible ou bien doux ? Même ressenti créé par une couverture de souvenirs dans laquelle le personnage s'enveloppe afin d'échapper à la douleur et la peine que lui inflige le deuil. Lui est-ce véritablement bénéfique ? Au fur et à mesure que le temps passe aux côtés de la créature, l'appartement de la jeune femme (qui serait alors l'unique pièce du court-métrage afin d'insister sur ce côté "coupé du monde"/"isolé") se couvrirait de tentures aux murs et viendrait restreindre son espace. Ainsi, elle se retrouverait petit à petit diminuée, dans un espace qui, en apparence, paraît de plus en plus coloré, et viendrait la couper définitivement du reste de son monde, modifiant tout ce qu’elle connaît et venant recouvrir l'unique fenêtre de son appartement, unique lien avec l’extérieur.
Cette fenêtre, de surcroît, est assez imposante et domine l’appartement afin de voir à travers la lumière de cette dernière les couleurs des journées qui défilent sans que notre héroïne ne sorte. Elle sera son unique lien avec l'extérieur et sa seule porte de sortie. Petit à petit aussi, les couleurs vives de la créature/peluche viendront envahir l'espace et les couleurs propres à notre personnage, qui détonne dans cet univers qui ne colle plus qu’à son passé désormais. Les lumières de son appartement, du moins ce qu’il en restera, seront-elles aussi
associées aux couleurs de la créature lors du paroxysme de l’histoire. Plus celle-ci pense à sortir, effectue des démarches afin de s'en éloigner, plus la créature disparaît/s’étiole/perd de sa superbe (comme, par exemple, ses coutures se défont, ses patchs tombent, elle perd un œil, etc.) et plus notre personnage se retrouve coincé dans un dilemme. L’idée de ce court-métrage est de passer une grande partie de notre temps, en tant que spectateur, aux côtés de cette relation qui évolue à l’écran, de s’attacher à ces deux-là.
La créature naît du deuil du héros, puis se fait rejeter, niée avant d’être acceptée puis aimée. Notre héroïne passe alors tout son temps aux côtés de la peluche vivante, et s’enferme peu à peu dans ce qui lui semble être un véritable cocon de souvenirs. L’appartement se recouvre entièrement, se modifie, “s'embellit”. Jusqu’à ce qu’elle n’ait plus aucun air, aucun repère, et jusqu’à ce qu’elle trouve urgent d’en sortir. Elle arrache les tentures, se rend compte de l’effet que ça a sur la créature qui s’étiole, qui s’enlaidit et Mel découvre alors un visage du deuil dont elle ne s’était pas rendue compte auparavant… La créature devient agressive, hargneuse à la vue de sa propriétaire qui fuit l’appartement et arrache ce nouvel environnement, ce qui pousse Mel à définitivement fuir cet enfer dans lequel elle s’est elle-même enfermée : tourner la page, sortir par la fenêtre et laisser le tout s’en aller. A la fin, le deuil a été fait, la créature prône là, sur la table de chevet, en guise de porte-clé, aux côtés d’une photo d'elles, et le tout, désormais, appartient aux souvenirs.

Appartement de Mel

Appartement de Mel

Colorscript en vignettes rapides

Colorscript en vignettes rapides

Moodboard pour l'appartement de Mel

Moodboard pour l'appartement de Mel